Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Visite de ferme chez Laurent Wind à Roquebrune sur Argens

le 1 décembre 2012, (quartier La Maurette 83520 Roquebrune sur Argens 06 80 02 58 65)

 

Etaient présents : 4 amapiennes de l'amap de Fréjus 'biottitude' dont Aurélie Dumont qui a pris

contact avec nous (Pierre-François et Isabelle Bouvier)

 

Laurent et son épouse sont au pied du rocher de Roquebrune. Un si bel endroit......mais le soleil est

vite parti à cette époque et le froid ne reste pas en arrière.

Laurent s'est fait des économies en étant paysagiste et il y a 6 ans, il fait le grand saut et se consacre

à ses jardins. Il possède 1ha au bord de l'Argens qu'il plante en pêchers et en loue un autre (mise à

disposition). Il y fait son nid : box pour ses chevaux, serre de multi, hangars, et petites maisons bois

pour loger sa famille avec bassin et tout........inondations 2010 tout s'en va ! Il quittera son paradis

avec son jeune garçon de 1 an dans les bras et son épouse, sans avoir le temps d'ouvrir les clôtures

des chevaux !.......qu'il retrouvera une semaine plus tard. Tout est détruit, il ne touchera aucune aide.

Il s'installe un peu plus haut sur d'autres terres mises à disposition par un voisin et se réinstalle :

petites maisons et chalets, serres et multi.... là encore 1ha, et de la colline, des oliviers à remettre en

état. Sur ses parcelles du bord de rivière, il continue à cultiver, mais seulement en été. C'est une terre

calcaire, alluvionnaire et très battante, pas facile quand il pleut trop souvent. Automne 2011,

inondations ! Le canal de provence utilise un morceau pour passer et stocker momentanément du

matériel. Tout est détérioré et ils partiront en laissant une belle cuvette en plein milieu. Dans ce genre

de terre c'est 'mortel' !

Il comprend que réussir à faire son salaire sur deux mois d'été en légume est trop difficile. Il faut

élargir la période de récoltes. Il entend parler des amap dans son groupe de traction animale par

Yann Méard. Ça lui plaît, mais il faut être sûr qu'il y ait assez d'eau sur la nouvelle parcelle. Il le vérifie

cet été et se met à l'ouvrage : deux serres de 400 m2, une serre à multi et un puits avec éolienne et

un bassin d'accumulation. La fondation de France lui fait un don de 20'000 . C'estreparti, il a 47 ans

et une énergie à conquérir le monde !!! il connait bien la culture des légumes : nous avons vu

salades, cebettes, des choux, des artichauts. Il est labellisé 'bio' sur ses nouvelles parcelles, en

conversion sur l'ancienne et sans label sur les pêchers. Des envies de poulaillers pour mettre des

oeufs dans ses paniers. Dans la tête, il est prêt. Ses calendriers de semis sont en cours, il cogitte !!! il

nous dira autour de la table bien au chaud : « « j'suis dans l'excès. Faut que ça soit au top. Faut que

le conso soit content » » je rencontre souvent chez les paysans qui entrent dans le concept amap ce

besoin de qualité, de satisfaire ; comme une peur de mettre en lumière ce que le métier nous offre

comme 'non-réussites', prendre sur soi les impondérables ! Alors que justement ce concept permet

de les partager. Lorsque les choses sont partagées, leur poids est moins lourd. C'est vrai que la

famille Wind semble bien entourée. Laurent connaît beaucoup de monde, est d'humeur conviviale et

agréable ! Son épouse travaille en dehors de l'exploitation.

Laurent est vraiment partant sur le concept amap. Il fournit, depuis cet automne des paniers aux

copains, voisins, etc.... qui viennent les chercher sur l'exploitation. Il projette une saison sur 9 mois

de récoltes, deux distributions par semaine. Il est important pour lui que les gens viennent sur le

lieux de production, qu'ils voient comment il travaille : il souhaite que ce lien persiste. Avec le

groupe d'amapiennes de Fréjus des liens se créent. De leur côté, elles avaient une quinzaine de

petits paniers (10 ), mais il faut remotiver. Cette amapa eu jusqu'à 60 paniers ! Laurent est réticent à

aller sur un lieu de distribution : il n'a pas de véhicule et craint de perdre trop de temps dans les

embouteillages en été. Déjà que le boulot arrive tout seul ! Si je doit aller à l'extérieur !!!!

Il cherche quelqu'un pour aider sur les récoltes en tous les cas. Il envisage dans ce cas là une

soixantaine de contrats à 20/22sur 9 mois. Une distrib à la ferme, une distrib à Fréjus est proposé !

Il doit réfléchir ! Il donne jusqu'à mi-janvier aux amapiennes de biottitude ! Une réunion est

envisagée pour essayer de formaliser un groupe sur Roquebrune, il est en lien avec la mairie et la

maison des terroirs.

Avis personnel :

Laurent a tout le potentiel de nourrir 50 à 60 familles, autant au niveau du foncier, de la réserve en

eau, que du matériel, que des connaissances. Il est complètement dans l'énergie de partage que

demande le concept amap, de rencontre avec la terre-nouricière. Il devra, saison après saison ajuster

ses cultures et quantités, mais il faut bien débuter un jour ! Je joins à ce compte-rendu des

photocopies du livre de Daniel et Denise Vuillon (04 94 30 03 13) sur les amap qui donnent des ratios

sur les quantités par contrats, sur le prévisionnel etc.... Il serait souhaitable que Laurent se procure

le livre. Je tiens à préciser que Laurent n'a aucun bail à ferme sur ses terres. Il est donc fragile sur

ce point, mais en même temps, ses propriétaires ont montrés leurs bienveillances lors des

inondations 2010 et 2011. L'accès au foncier est tellement difficile ! Le concept amap donne une

force : si on touche au paysan, les familles qui le soutiennent se mobilisent ! Elles sont directement

concernées.

 

Isabelle Bouvier, le 12 décembre 2012

Partager cette page

Repost 0
Published by